Héron

Un héron qui s’envole au-dessus d’un champ de maïs, c’est, hélas, chose courante. Il n’est plus inféodé au milieu aquatique et recherche sa nourriture aussi bien dans les pâturages que les champs fraîchement labourés. Mais si le héron veut éprouver ses compétences d’échassier, c’est au bord de l’eau qu’il  faut le conduire. Proposons-lui le petit matin, quand le soleil perce la brume et fait flotter des volutes de vapeurs à la surface  de la rivière. Il se dirigera sans doute vers les roseaux pour s’y installer en toute sécurité et commencer sa partie de pêche. D’un pas de sénateur, il avance prudemment, sans faire de remous, pour ne pas effrayer le poisson encore mal réveillé. Le cou ondule en même temps que le corps avance. Mais lorsque quelque chose bouge autour de lui, il s’immobilise aussitôt, les muscles tendus. Si l’imprudent poisson s’approche encore un peu, il est aussitôt frappé de son poignard fulgurant. La suite n’est qu’une affaire de précision : le remettre dans le sens de la descente, la tête la première, pour l’engloutir rapidement car il ne s’agit pas d’une séance de dégustation. L’essentiel est d’ingurgiter des calories pour être performant sur l’eau comme dans l’air…

Ensisheim, le 17 septembre 2024