Les générations du baby-boom se souviennent sans doute du chant des hirondelles rustiques qui accompagnait leur rase-mottes au-dessus des champs en été. Ils n’ont pas oublié non plus l’enfilade des nids construits à l’entrée des étables et leurs incessants va-et-vient pour nourrir les petits. Reconnaissables à la coloration rouge brique sur la gorge et le front et aux filets qui prolongent leur queue, elles n’ont pas totalement disparu, mais si les anciens nids restent désespérément vides, c’est parce que la nourriture se fait beaucoup plus rare et qu’il leur faut trouver d’autres terrains de chasse adaptés à leur besoin. Leur corps long et mince est taillé pour de très longues séquences de vol. Quand elles se lancent dans de longues traques au-dessus du cours tranquille du vieux Rhin, elles n’hésitent pas à effleurer l’eau pour s’abreuver en volant. Un spectacle digne de la Patrouille de France. C’est également au bord de l’eau, dans les roselières, qu’elles se donnent rendez-vous pour préparer le grand retour en Afrique.
La barre d’Istein, le 22 avril 2024
