Hydre de glace

On dit communément que tous les goûts sont dans la nature. On pourrait ajouter que toutes les formes s’y retrouvent également, comme cette bizarrerie qui est l’oeuvre de la pluie verglaçante. Le premier coup d’oeil sur cette créature n’est guère rassurant : on a l’impression de se trouver devant un cliché radiographique et l’on cherche à identifier et expliquer tous les détails apparents. Cet être polymorphe tient à la fois d’un serpent d’eau et d’un invertébré muni d’un bec et d’ambrions de pattes… Nos souvenirs de lecture nous rappellent alors le mythe de l’hydre de Lerne qui se reproduit par bourgeonnement lorsqu’on lui tranche la tête. Une observation attentive nous ramène à la réalité : un corset de glace autour d’un rameau de cerisier. On y distingue les bourgeons, serrés étroitement les uns contre les autres, qui sont autant de promesses de feuilles et de fleurs.

Baldersheim, le 16 décembre 2022