Pour admirer cet oiseau, on dispose d’une fenêtre qui est relativement courte. Il arrive fin avril et fait déjà ses valises au mois d’août : un petit trimestre pour nicher, élever ses petits et se préparer pour le retour en Afrique sub saharienne. D’abord quelques indices pour le découvrir : il apprécie les milieux buissonnants variés, avec des clairières ensoleillées. Insectivore, il chasse dans le feuillage et les herbes hautes. Le mâle n’est pas discret et se perche volontiers au sommet d’un arbuste pour se lancer dans de stupéfiantes imitations. Le chant de l’hypolaïs polyglotte commence par quelques notes qui évoquent le moineau domestique, le merle ou la fauvette. Puis il enchaîne avec de longues et mélodieuses improvisations de sons flûtés où s’intercalent des phrases empruntées à d’autres oiseaux. C’est pour ces qualités d’interprète qu’on le surnomme « le petit contrefaisant ». Les allemands vont plus loin dans le jugement : ils le nomment Spötter », un mot qui désigne quelqu’un qui crache sur les autres et se moque d’eux. Voilà qui est bien sévère pour ce superbe passereau à la coloration brun claire et jaune, qui dresse une sorte de huppe sur le front au moment où il chante.
Carrière sèche de Réguisheim, le 15 juin 2024
