Un petit détour dans le dictionnaire étymologique nous permet de brosser un rapide portrait en couleur de cet oiseau aquatique dénommé fuligule morillon. Les deux termes constituent un pléonasme puisqu’ils désignent une même réalité : la teinte de la suie (fuligo en latin) et le noir brillant originaire de Mauritanie. En période nuptiale, les individus des deux sexes présentent un dimorphisme important. Le mâle est caractérisé par un noir profond qui tranche avec des flancs blancs. C’est pour cette raison que le fuligule morillon était parfois appelé Jacobin, en référence à l’ordre monastique où les moines étaient vêtus d’une robe blanche surmontée d’un manteau noir. Le bec est bleu clair avec une pointe noire précédée d’un anneau blanc. L’iris est bien jaune. La femelle est essentiellement brun sombre ; les flancs sont plus clairs, d’aspect barré verticalement. L’oeil de la jeune femelle est moins éclatant. La huppe est plus courte que celle du mâle. Les anglais l’appellent tufted duck, littéralement « canard huppé » alors que les allemands le nomment Reiheente ce qui veut dire « canard héron », en référence aux grandes plumes que l’échassier porte sur sa nuque.
Le Rothmoos, 7 février 2024
