Le mot aigrette est un terme ambigu puisqu’il concerne à la fois un oiseau et un attribut qui le caractérise. Il est utilisé depuis le XIVe siècle pour désigner un héron blanc qui porte sur la tête un faisceau de plumes droites et effilées. La grande aigrette se singularise par sa taille qui avoisine celle d’un héron cendré, alors que l’aigrette garzette est presque deux fois plus petite. Pourtant celle qui s’avance prudemment sur un champ de la plaine agricole du Rhin ne paraît pas être particulièrement grande, surtout si l’on se réfère à l’arbre qui pousse sur le talus derrière elle. Ironie du sort: cet arbre au tronc émondé porte une huppe de rameaux qui ont poussé depuis la dernière taille. On pourrait presque penser que la grande aigrette n’est pas l’oiseau blanc, mais ce saule des vanniers qui fait preuve d’un excès de vitalité. Au point où on en est, pourquoi ne pas mettre un peu de piquant à la fin de ce commentaire. L’aigrette désigne également la touffe de filaments portés par les graines de certaines plantes, dont les chardons. Mais à la fin de l’hiver, ces aigrettes ont été emportées par le vent ou mangées par les oiseaux.
Hirtzfelden, le 29 janvier 2025
