Parmi les échassiers qui courtisent notre région, il est une silhouette qui s’observe de plus en plus fréquemment et que l‘on identifie au premier coup d’oeil : la grande aigrette. C’est un oiseau majestueux dans sa livrée blanche qui a bien failli disparaître au XIXe siècle, avec le développement de la plumasserie qui garnissait les chapeaux des dames de la haute bourgeoisie. Adepte du ralenti, la grande aigrette prend des poses désarticulées. Les circonvolutions de son cou serpentiforme lui permettent d’observer à 360°. Du coup, on ne sait trop dans quel sens elle se déplace, d’autant que ses échasses paraissent désaxées. Mais lorsqu’elle repère un poisson qui s’approche imprudemment, la machinerie se remet en place et l’aigrette harponne sa proie de son long bec jaune. Cet échassier a su adapter son comportement alimentaire aux changements de l’environnement. En hiver, il n’est pas rare de voir la grande aigrette arpenter les espaces agricoles herbeux, à la recherche de mollusques et même… de petits rongeurs.
Le plan d’eau de Michelbach, le 18 août 2022
