La grande oolithe

Paysage d’hiver. Le ciel est encombré de nuages menaçants et la montagne fait le dos rond. A la lisière de la forêt, des volutes de fumées humides signalent les  dernières conquêtes du vignoble. Les parcelles parfaitement alignées sur ces coteaux pierreux aspirent à prendre de l’altitude pour s’abriter du réchauffement climatique. Au tout premier plan, c’est une nouvelle forêt de pieux qui prend racine, au milieu d’une arène où affleure la grande oolithe ; les jeunes plants sont en place, bien alignés et protégés des prédateurs. La couleur ocre du sol apporte un peu de chaleur à ce paysage froid. En observant la formation sédimentaire calcaire à la loupe, on distingue de minuscules structures ovoïdes dont la formation remonte au Jurassique, lorsque le territoire était recouvert d’une mer à température relativement élevée. Le calcaire oolithique était autrefois exploité pour produire de la chaux, utilisée en construction pour confectionner des mortiers, enduits et badigeons.

Pfaffenheim, le 2 janvier 2020