Lâcher prise

Lâcher-prise… voilà une expression appropriée à une foule de contextes différents, des plus heureux aux plus tristes. Ne fait-on pas appel à ces mots lorsqu’on parle d’une personne terrassée par la maladie qui ne souhaite plus se battre?  A l’autre extrémité de la vie, on les utilise pour encourager un enfant à se risquer à rouler à vélo sans béquille ni garde du corps. Il faut dire qu’à force de s’agripper à nos barrières de sécurité, on a un peu perdu le goût du risque. Il n’est pas donné au premier venu de se jeter d’un avion pour effectuer un saut en parachute. Pourtant cette expérience génère des décharges d’adrénaline qui deviennent très vite obsédantes et qui réclament d’y revenir. La mésange bleue qui quitte son perchoir pour saisir un insecte ou une graine n’éprouve sans doute pas ces sensations, tant sa journée est rythmée par des prouesses bien plus impressionnantes. Si notre monde est principalement fait d’horizontalité et de verticalité, celui des oiseaux comporte une dimension supplémentaire qui est celle de l’espace, à la fois refuge et monde à explorer.

Baldersheim, le 24 octobre 2024