Laîche des montagnes

Les dictionnaires sont des ouvrages qui réservent toujours des surprises. Dans la Quatrième édition du dictionnaire de l’Académie française publiée en 1762, nous trouvons la définition suivante du mot laîche : « espèce de mauvaise herbe qui croît dans les prés, & qui blesse la langue des chevaux ». Nous voilà donc fixés sur le regard, avant tout utilitaire, que l’on pouvait porter sur la botanique au siècle des lumières. Il est vrai que cette plante coupante qui fréquente aussi bien les coteaux calcaires que les zones humides ne paie pas de mine en temps ordinaire, et il faut l’observer au moment de la floraison pour la trouver intéressante. Elle porte au sommet d’un épi brun, qui a forme d’une massue, la fleur mâle, hérissée d’étamines jaunes. Sur la même tige, émergent un peu plus bas d’autres épis recouverts d’écailles sombres mais portant cette fois-ci des fleurs femelles: chaque carène claire coiffe une petite outre d’où dépassent trois stigmates.  Grâce à une touffe compacte située à la surface du sol, la laîche des montagnes connaît une grande longévité… On a découvert que cette plante peu intéressante en tant que fourrage joue un rôle écologique majeur dans le décompactage et la purification des sols dont elle facilite le largage de méthane.

Baldersheim, le 20 avril 2022