Il faut avoir de bons yeux ou de bonnes lunettes pour profiter de ce tout petit coléoptère (moins de 1 cm) à la trompe conique que l’on nomme larin turbiné, traduction très fidèle du nom scientifique Larinus turbinatus. C’est un charançon, originaire du Caucase et du Turkestan, qui s’est répandu en Europe méridionale. Il aime la chaleur et les landes couvertes de chardons. Les chardons et les circes sont peu appréciés par les herbivores en raison de leurs épines. De ce fait, la plante n’a pas développé d’autres défenses chimiques, sinon des composés amers. Par contre, elle attire les charançons, dont les larves se nourrissent des ovaires des fleurs. Ces coléoptères ont donc été volontairement introduits pour lutter contre l’expansion des circes, qui sont en compétition avec les cultures agricoles. Les larins volent de mai à septembre. La ponte (5 à 6 oeufs par jour) a lieu en juillet. La femelle creuse dans le tissu végétal d’un chardon généralement, avec son rostre, une cavité relativement profonde dans laquelle elle introduit son oviducte puis dépose un oeuf. Pendant qu’elle creuse, elle porte sur son dos le mâle fortement agrippé et les accouplements sont fréquents dans le courant de la journée.
Baldersheim, le 8 juin 2020
