Le bain

La corneille s’est d’abord posée sur la souche qui patauge dans l’eau du Vieux Rhin. Le temps de bien scruter autour d’elle pour s’assurer qu’elle ne courait aucun danger… et la voilà qui  plonge dans le faible courant. Pas question de s’immerger intégralement : elle doit impérativement avoir pied pour ne pas se noyer ; de plus, tremper durablement l’intégralité de son plumage le fragiliserait. Sa technique consiste donc à éclabousser les plumes en tapant les ailes dans l’eau, comme le ferait un petit enfant qui adore se retrouver dans l’eau. Des mouvements rapides de tout le corps évacuent aussitôt les gouttes pour qu’elles ne s’infiltrent pas sous le plumage. Quelques dizaines de secondes plus tard, la corneille retourne se percher sur la souche pour finir de se sécher, avant d’imperméabiliser les plumes en y rependant une sécrétion prélevée sur la glande uropygienne située à la base de son croupion. En l’absence de toute autre urgence, elle prend également de temps de réajuster chaque plume pour une meilleure aptitude au vol. Ce cérémonial est essentiel à la bonne santé de l’oiseau : il lui permet d’enlever des parasites mais aussi d’acquérir une meilleure isolation du corps, ce qui est important pour sa thermorégulation. Enfin, tout en se lavant, l’oiseau s’hydrate également.

La petite Camargue, le 21 mars 2023