C’est dans le grand nord canadien et au Groenland que l’on rencontre encore le boeuf musqué, un curieux animal rescapé des dernières grandes glaciations. Malgré son aspect de bison, c’est un capriné aberrant proche des souches primitives de chèvres de montagnes. Son extraordinaire manteau de laine lui permet de supporter des températures inférieures à -40°C, et de se protéger de la neige soufflée par des vents violents. Les inuits qui l’ont longtemps chassé l’appellent « l’animal dont la fourrure est comme une barbe ». Il porte d’impressionnantes cornes aux extrémités effilées qui lui permettent de se défendre contre l’attaque des loups mais aussi de s’engager dans de violents combats à la période du rut. La vue perçante lui est toujours très utile durant la longue nuit arctique hivernale et son odorat bien développé l’aide à trouver de la nourriture sous le manteau de neige. La peau du boeuf musqué ne possède pas de glandes sébacées, ce qui le rend très vulnérable à l’arrivée des pluies occasionnées par le réchauffement climatique, car l’humidité peut provoquer chez lui des rhumes mortels.
Jardin botanique et zoologique de Mulhouse, le 24 mai 2021
