Les nuits ne sont pas très fraîches en ce mémorable mois d’août. La température peine à descendre aux alentours de 16 degrés et, au petit matin, on ne perçoit pas la moindre goutte de rosée sur les rares herbes encore vertes. C’est l’heure où les papillons de jour engourdis par quelques heures passées sur un pied de rosier se préparent à prendre leur envol, tout en se laissant volontiers admirer. Voici un flambé, que l’on appelle également « voilier » tant il est agile dans les airs et le vent. Il a choisi une parure où l’on retrouve les rayures du zèbre, la queue de l’hirondelle et les ocelles bleutés du paon. En réalité il offre deux visages : quand on observe le dessus de ses ailes, on reconnaît un cerf volant animé; par contre, vu par en-dessous, le petit porte-queue prend un joli minois de chat. Il ne reste pas figé pour autant. Cette longue mise en route lui permet d’analyser, grâce à ses antennes, les odeurs et les parfums des alentours, mais également de mémoriser l’environnement dans lequel il va s’élancer.
Baldersheim, le 14 août 2022
