Les merles en raffolent ; d’ailleurs à la fin de l’hiver il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre dans le bec. Les haies toujours vertes bruissent de leur exaspération à être dérangés à l’heure du repas. Les fruits consommés par l’oiseau vont être disséminés au hasard de la chute des fientes. Si la chance est au rendez-vous, les graines pourront germer dans un terreau favorable. A partir de ce moment, la plante n’a plus qu’un objectif : se renforcer pour pouvoir grimper vers la lumière. On a longtemps pensé que le lierre était néfaste pour l’arbre sur lequel il a jeté son dévolu. En réalité, il se nourrit exclusivement avec son système racinien souterrain. Les rameaux grimpants sont ornés de poils étoilés et portent à leurs entrenœuds des crampons à ventouse pour s’accrocher fermement au tronc-béquille. A mi-hauteur, les feuilles du lierre changeront de forme : celles qui sont proches du sol ont cinq lobes, alors que les feuilles plus hautes des tiges florales sont ovales avec un sommet aigu.
Baldersheim, le 24 février 2024
