Le lac du Der

Un ciel qui moutonne sur un miroir de rides : c’est le lac du Der, au mois de février. Les grands arbres pourtant repliés derrière les roselières ont pris possession du rivage; curieusement, leurs silhouettes semblent encore plus massives dans l’eau. Mais les reflets découpés par les courants privilégient certaines formes et couleurs : en plongeant dans le lac, les teintes chaudes sont absorbées et les ramures liquéfiées. Pourtant tout parait calme ; le rapt se fait sans bruit. Même les reliefs des nuages menaçants qui envahissent le ciel ont totalement disparu dans l’eau. Ne reste qu’une impression de froid et de tristesse. Aucune trace de vie dans cet endroit pourtant réputé pour abriter de nombreuses espèces d’oiseaux… En attendant des jours plus lumineux, la nature se contracte et se met en position de survie.

Le lac du Der, le 13 février 2020