Le motmot houtouc

Une incursion dans un parc zoologique amène toujours un sentiment de dépaysement. C’est comme si l’on ouvrait une porte donnant sur un monde lointain et très différent du nôtre. On le ressent fortement en présence de gros animaux emblématiques d’Afrique ou d’Asie, comme les lions ou les panthères. Mais on peut également y penser en présence d’oiseaux comme le motmot houtouc originaire des forêts tropicales d’Amazonie. Les panneaux d’information nous apprennent qu’ils creusent des nids dans les berges des rivières et élèvent leurs petits au fond de terriers. Ces « déracinés » dont nous admirons le superbe plumage, en particulier les rectrices médianes terminées par des raquettes qui leur servent de balancier, se retrouvent donc à des années-lumière de leur habitat naturel… qui subit de profonds changements. Les scientifiques se sont penchés sur les effets du réchauffement climatique sur les oiseaux des sous-étages de la forêt primaire amazonienne . En quarante années, leur masse moyenne a diminué; simultanément un tiers des espèces ont vu la longueur de leurs ailes augmenter. Ces changements sont interprétés comme une réponse au stress thermique  pour rendre le vol plus efficace et réduire la production de chaleur métabolique.

Jardin botanique et zoologique de Mulhouse, le 7 octobre 2022