Communément appelé « pas-d’âne », en raison de la forme anguleuse de ses feuilles qui rappelle les traces des sabots de l’âne sur le sol, le tussilage fleurit à la fin de l’hiver. La tige charnue, recouverte d’écailles pourprées fait un peu penser à une asperge; elle se termine par un unique capitule de fleurs jaunes, d’un diamètre de 12 à 15 mm. Les insectes sont en mesure de distinguer des variations d’UV qui indiquent la présence des fleurs fertiles au centre du disque. Le tussilage a été utilisé depuis très longtemps comme plante médicinale. La feuille contient des mucilages qui recouvrent les muqueuses d’une couche protectrice atténuant l’irritation et la toux. Les fleurs étaient employées séchées, en infusion, ou fraîches, écrasées en compresse pour traiter des douleurs musculaires ou rhumatismales. Un appel à la prudence a été lancé depuis que l’on a découvert la présence d’alcaloïdes pyrrolizidiniques qui sont hépatotoxiques et mutagènes. La chenille d’un papillon de nuit, la goutte-de-sang, se nourrit sans souci de tussilage car elle possède des enzymes qui neutralisent les alcaloïdes toxiques. De plus, elle est capable de les stocker pour se protéger de ses propres prédateurs.
La gravière de Burnhaupt, le 6 mars 2025
