Le passager de 22h

C’est presque un truisme que d’affirmer que la condition humaine est marquée, aujourd’hui plus que jamais, du sceau de l’urgence : tout presse, tout doit se faire rapidement, il ne faut surtout pas traîner. Parfois, on pourrait se demander si la gente animale ne partage pas ce même besoin vital. Le chien vide sa gamelle en moins de temps qu’il ne faut pour la remplir, le moineau ne tient jamais en place, sautant ou volant  sans cesse d’un lieu vers un autre… Même le hérisson, à peine réveillé d’une journée de torpeur, se hâte de rejoindre ses points de ravitaillement et se lance dans un marathon nocturne. Le « passager de 22 h » trotte sur ses petites pattes pour se mettre vite à l’abri. Il ne sait pas que de nombreux congénères sont fauchés en pleine course.

Baldersheim, le 28 juin 2022