Le pic vert

Les vrais ornithologues, les pros, ceux qui ont une longue pratique, doivent être capables de pressentir les oiseaux avant de les voir ou même de les entendre. Comme le mycologue connaît l’environnement propice à un certain champignon, le féru d’oiseaux associe les espèces, les écosystèmes et les saisons… Le néophyte qui égrène sa première liste de spécimens est heureux lorsqu’il peut apparier un oiseau et son cri. Avec sa série sonore et ricanante, le pic vert figure sans doute en début de liste des performances… L’entendre est une chose, l’observer en est une autre, car le bougre aime bien jouer à cache-cache, comme il le fait avec une lettre de son nom. D’ailleurs, faut-il prononcer la dernière lettre de pic lorsqu’on ajoute l’adjectif vert comme on le fait pour le pic épeiche ou le pic noir? Le dictionnaire de l’Académie française indique que le c se fait entendre. Ne pas le faire n’est pourtant pas faux, si l’on se réfère à l’autre mot, pivert,  qui provient de  pyvard, utilisé au XIVe siècle.

Montreux-vieux, le 27 juillet 2022