La journée est plutôt calme, sans grand vent décapant, mais l’oiseau qui vient de se poser sur le cerisier a l’allure d’un motard qui a affronté les pires bourrasques. En réalité, c’est un fringillidé adepte du mouvement punk. Avec sa coiffure à l’iroquoise et aux couleurs criardes, il n’hésite pas à chambouler les codes établis et à adopter un style « rentre-dedans ». De même, son chant est minimaliste ; c’est une répétition de temps rapides en 4/4, avec des sonorités métalliques. Le texte n’est d’ailleurs pas très recherché : « tji, tji, tji, tji,- tjiup, tjiup, tjiup, tjiup,- tu, tu, tui, tu ». Comme les militants des années 70, le pinson punk s’identifie aux classes populaires obligées de vivre de peu, et adopte cette attitude sauvage et agressive pour survivre dans un monde de brutes. Mais cela suffira-t-il pour dissuader les rapaces de s’intéresser à lui?
Baldersheim, le 3 mars 2025
