Le train des lavandières

En parcourant les villages du Sundgau, il est assez facile de remonter le temps pour se plonger dans la vie des campagnes au siècle passé. Les grosses maisons à colombage et les fermes attenantes permettent d’imaginer l’animation qui régnait dans les exploitations agricoles. Si les plus enfants jouaient en plein air au milieu des animaux, les adolescents étaient très tôt happés par les tâches agricoles, car tous les bras étaient indispensables à l’économie de la famille élargie. Les femmes n’étaient pas moins sollicitées et devaient enchaîner une multitude de taches du matin jusqu’au soir. C’est au lavoir que le train des ragots battait son plein. Penchées sur leur labeur, cote à cote ou se tournant le dos, elles se délectaient des nouvelles du village tout en battant énergiquement le linge, le savonnant et le rinçant à l’eau de la fontaine commune. C’était leur chasse-gardée, un no man’s land où elles se réfugiaient pour tenir en toute liberté un conseil municipal fantôme.

Balschwiller, le 25 août 2022