C’est au bord d’un marais que l’on a toutes les chances d’observer cet insecte aux allures extraterrestre, coiffé d’un casque intégré et dont l’état de la carlingue témoigne qu’il a déjà bien bourlingué. C’est une libellule fauve adulte, de sexe masculin. Le juvénile, comme la femelle, porte des couleurs orange vif. Avec le temps, le corps du mâle se recouvre de poudre, une pruinosité noire qui le caractérise. Il a un comportement territorial et chasse avec agressivité tous les concurrents qui s’aventurent sur son espace. Le voilà nez-à nez avec un autre insecte, un téléphore, fauve également. Habituellement, une telle rencontre finit toujours aux dépens du plus petit que la libellule grignote en deux temps trois mouvements. Cette fois-ci, le coléoptère a eu la vie sauve : l’odonate venait sans doute de se restaurer… La belle frayeur vécue au sommet d’une graminée incitera peut-être le téléphore à éviter cet endroit périlleux.
Le Rothmoos, le 27 juin 2023
