Le ciel est un superbe livre d’images. Je ne parle pas de la révélation des Esprits réunis autour de leur Créateur, mais plus prosaïquement, des tableaux animés qui se succèdent inlassablement depuis la nuit de temps. Le besoin de scruter au-dessus de nos têtes les signes d’un avenir proche est inscrit dans nos gènes. « Nos ancêtres les gaulois » n’avaient-ils pas peur que le ciel ne leur tombe sur la tête? Sans doute n’auraient-ils pas été rassurés devant le spectacle de ce soir. Si une nuit d’encre nous plonge dans l’incapacité totale de distinguer les indices favorables ou inquiétants, les nuits de pleine lune permettent de lire les moindres détails et de pénétrer dans la profondeur de l’espace. Nous vivons ici un lever de rideau : les nuages denses et très noirs se déchirent pour laisser le champ libre à une lune en forme olympique et dont le halo bleuit déjà la voûte céleste. Dans une petite heure, elle aura mis en déroute la couverture nuageuse et glacera les campagnes pour la première fois de la saison.
Baldersheim, le 5 novembre 2022
