Lézard des murailles

L’hiver dernier, il a fallu abattre un vieux poirier qui poussait au fond du jardin. Le tronc et les grosses branches, débités à la tronçonneuse, ont été empilés près de la souche pour sécher au soleil et à l’air de l’été. Un pied de bryone dioÏque prenait ses aises et lançait ses vrilles pour se fixer sur ce support providentiel. Or le pollen produit par cette espèce de liane attire de nombreux insectes, dont l’andrène, une abeille reconnaissable à sa teinte brun sombre et son abdomen taché de rouge orangé. Il n’en faut pas plus pour aguicher le lézard des murailles : une belle place au soleil et de la nourriture à portée de langue. Un passage devant son repère et le voilà aussitôt mis en fuite… mais pas pour très longtemps, car le lézard est curieux et il a la mémoire courte. Il suffit de rester immobile, à distance respectable, pour le voir réapparaître. En réalité, ce n’est pas tant l’homme qui l’inquiète, mais plutôt le chat qui en veut terriblement à sa queue. Ce reptile à l’allure préhistorique mérite bien qu’on admire la subtile couture ainsi que les couleurs de sa carapace. 

Baldersheim, le 2 juin 2022