L’hiver à la fenêtre

Elle était annoncée, assortie d’une alerte orange incitant à la plus grande prudence. Durant une grande partie de la journée, les médias avaient rendu compte de sa progression, lente mais résolue, semant la panique sur les routes. En fin d’après-midi, les premiers flocons ont atteint notre région, d’abord légers et très désordonnés. Pas de quoi mettre en émoi le Grand Est, habitué à vivre avec la neige. Mais au fil des minutes, on a commencé à réaliser qu’il ne s’agissait pas d’un épi-phénomène : des contingents de flocons plus gros et lourds posaient un voile blanc sur les toits, les arbres et les routes. En moins d’une heure, la couche était assez épaisse pour entraver la circulation des personnes et des véhicules.  En début de soirée, une nouvelle alerte préfectorale faisait vibrer les smartphones pour inciter tout un chacun à se mettre à l’abri et annonçait des mesures de restriction concernant les transports scolaires. La nuit était étonnamment silencieuse. C’est au petit jour, en ouvrant les volets que nous avons réalisé que l’hiver avait campé à notre fenêtre.

Baldersheim, le 21 novembre 2024