Luzule des champs

Les matins humides ne sont pas propices aux séances d’observation de la nature : les végétaux sont délavés et ont perdu leurs couleurs qui attirent le regard. Pourtant les tableaux ne manquent pas de charme. La luzule des champs fait preuve de résilience et attend qu’une brise légère vienne sécher les larmes de la nuit. Les minuscules grains de pollen agglutinés le long des étamines seront à nouveau conviés à un ballet aérien. C’est ainsi que la pseudo-graminée a programmé la dissémination de sa semence, à une époque où les pollinisateurs se font encore rares. C’est également par ses rhizomes qu’elle colonise l’environnement proche. Elle se satisfait d’un sol assez pauvre en éléments nutritifs, généralement acide et assez sec. Même si elle est appelée « Hasenbrot » en allemand, le pain des lapins, elle n’a pas une grande valeur fourragère. A sa manière, la luzule joue pourtant les stars puisque son nom issu du latin signifie « briller à la lumière ». 

Baldersheim, le 26 février 2024