Merle noir

Lorsqu’on se promène le long du vieux canal déclassé, il n’est pas rare de croiser le merle noir en recherche de nourriture. A l’approche du visiteur, l’oiseau s’immobilise un instant pour évaluer le danger qui arrive. La fuite est imminente lorsque l’intrus est accompagné d’un chien. Aujourd’hui, il ne paraît pas alarmé outre mesure. Des arrêts prolongés le mettent en confiance et il se remet à l’ouvrage. D’une vive rotation de son cou, il retourne le paquet de feuilles mortes qui jonchent le bord du chemin. De temps à autre, son bec jaune saisit un ver de terre qui prospérait dans la litière. Les minutes s’écoulent et le merle poursuit inlassablement sa quête. Il s’acharne sur les feuilles en décomposition qu’il fait gicler en l’air, puis s’immobilise à nouveau pour observer autour et au-dessus de lui car le danger peut également venir des airs. Il faut bien lui signifier notre intention de poursuivre la route, mais sans à-coup, de la manière la plus douce possible. Le message est bien reçu: le merle s’envole un peu de côté et se pose sur une branche basse pour rejoindre son poste de travail dès que la voie est à nouveau libre.

Baldersheim, le 30 novembre 2024