Malgré sa taille respectable, le merle noir reste un oiseau relativement craintif. Quand on le croise le long d’un sentier, il joue à celui qui est surpris et prend aussitôt la fuite tout en lançant un cri qui trahit à la fois la panique et l’exaspération. Il faut dire que son gabarit impose de longues phases de recherche de nourriture, et c’est particulièrement désagréable d’être interrompu en plein labeur. Son bec jaune oranger est un outil remarquable pour retourner les feuilles mortes et sonder la terre à la recherche de son mets de prédilection : le ver de terre. Le merle fait preuve de courage et d’endurance. C’est un lève-tôt qui rivalise de virtuosité avec le coq pour réveiller le quartier. Il prend également à coeur son rôle de veilleur de nuit : perché au sommet d’un arbre ou d’une toiture, il annonce la fin de la journée. Entre temps, il connaît comme tout le monde des coups de pompe et doit se reposer avant de se remettre en activité. C’est alors le moment idéal pour l’observer sans faire de grands gestes afin ne pas perturber le cours de sa sieste éveillée.
Baldersheim, le 17 mars 2024
