Mésange nonnette

La première offensive hivernale a peint la forêt en blanc. C’est une épreuve supplémentaire pour les oiseaux qui recherchent leur nourriture en arpentant les troncs et les branches des arbres. La mésange nonnette qui se nourrit essentiellement d’insectes et de larves est obligée de se rabattre sur les graines. Les orties royales ont été ciblées en premier et la ressource est déjà épuisée. Autre contrariété : cette année, les hêtres et les charmes n’ont pas produit beaucoup de faines. Mais le bord du canal est un terrain que le houblon sauvage affectionne. Celui que l’on surnomme « le bois du diable » et qui appartient à la famille du chanvre grimpe aux arbres, en sens inverse des aiguilles d’une montre. Les cônes portés par les lianes femelles sont recouverts d’une poussière dorée et résineuse, la lupuline, qui est impuissant sédatif. On n’a pas l’impression que cela affecte grandement l’oiseau qui est toujours alerte. La nonnette frétille des ailes et de la queue pendant qu’elle prélève une graine pour l’emporter et la décortiquer à l’écart. Les paquets de neige qui tombent des branches la font fuir, mais elle retrouve bien vite sa couronne de houblon, comme un amateur de bière, qui a pris goût à la boisson amère.

Baldersheim, le 23 novembre 2024