De nature craintive et très méfiante, elle garde ses distances. Jamais moins de cent mètres ne doivent la séparer d’une éventuelle menace car il lui faut compter le temps du décollage pour se mettre à l’abri. On la verra donc souvent le cou tendu pour scruter les alentours, dans une position immobile. Au moment de l’envol, elle bascule vers l’avant et donne les premiers coups d’ailes. Le cou est encore allongé, mais les pattes sont déjà bien tendues vers l’arrière. Progressivement, elle grimpe les étages, avalant les paliers à chaque battement ample de son immense voilure. A la faveur d’un contre-jour, on distingue l’architecture des ailes et la superposition des différentes couches de plumes. Lorsque le rythme de croisière est atteint, elle effectue encore une dernière manœuvre en repliant son cou à la manière du héron. Son fuselage encombrant se fait alors très compact et offre moins de résistance au vent. Il ne faut surtout pas la quitter des yeux car cet exercice de mise en sécurité est souvent suivi d’un atterrissage tout autant spectaculaire, quelques centaines de mètres plus loin.
Hirtzfelden, le 7 mars 2025
