On l’appelle « domestique ». Le moineau, s’il a trouvé intérêt à vivre à proximité de l’homme, n’a pourtant jamais accepté de se soumettre à lui. Il a gardé dans sa mémoire de survie les chasses dont ses ancêtres ont fait l’objet pour terminer en brochettes. La prudence reste donc de mise. Profiter des graines distribuées dans les basses-cours, prélever des semences déposées au jardin, picorer les plants de salades aux feuilles tendres… mais sans jamais sacrifier la distance minimale qui lui permet de battre retraite. Lorsque le jeune mâle s’ébroue au bord de l’abreuvoir, c’est toute la dimension sauvage qu’il nous dévoile. Un corps soumis aux aléas de la météo, un plumage hirsute qui sera très vite discipliné, un regard plein d’assurance et de détermination qui doit en imposer à bon nombre de congénères, un bec résistant et bien affûté pour tirer profit de toutes les bonnes opportunités… C’est l’image du moineau, fier de son indépendance.
Baldersheim, le 24 octobre 2024
