On lit que l’effectif des moineaux domestiques, comme celui de nombreuses autres espèces d’oiseaux, est en régression. Derrière cette phrase d’apparence anodine se cache un épineux problème dont on a du mal à imaginer les conséquences. Le comptage des oiseaux donne un indicateur sur l’état de notre planète. Si leur nombre diminue, cela signifie que leurs conditions de vie se dégradent. Les campagnes d’isolation des maisons privent les moineaux de possibilité de nicher sous les toits, tout comme la destruction de haies supprime le gite pour d’autres espèces. La révolution agricole leur enlève le couvert. Les moineaux qui ont toujours été proches des hommes tiraient un peu mieux leur épingle du jeu ; ce n’est plus vraiment le cas. Si les oiseaux se raréfient, il faut s’attendre à constater d’autres dérèglements. Les chenilles feront des ravages dans les arbres fruitiers; les insectes verront leurs populations exploser et on assistera au retour massif des remèdes chimiques. Il faut donc bien comprendre que ce sont les conditions de vie et d’alimentation de toute l’humanité qui sont impactées par la disparition lente de la faune avicole. On peut également se réjouir de voir dans le jardin un moineau juvénile qui frétille des ailes pour quémander un peu de nourriture à ses parents. Ici comme ailleurs, ce sont les jeunes qui feront le monde de demain.
Baldersheim, le 17 juillet 2022
