Moro-sphinx

Le drôle de papillon qui fait du sur-place est un lépidoptère, théoriquement un papillon de nuit mais dont l’activité est essentiellement diurne. De mai à juillet, ces migrateurs viennent du bassin méditerranéen grossir les rangs d’une première génération restée hiberner dans nos contrées à la faveur du réchauffement climatique. Une seconde génération est observable en septembre-octobre. Le Moro-sphinx, appelé aussi Sphinx colibri, ne papillonne pas. Comme les Oiseaux-mouches, il a adopté le vol stationnaire pour butiner sans se poser et, à raison de 75 battements d’ailes par seconde, il lui faut visiter un grand nombre de fleurs pour compenser cette importante dépense énergétique. Autre point commun avec les Colibris, il fait preuve d’une extrême précision pour viser le cœur de la fleur et y plonger sa longue trompe.  Cette caractéristique anatomique lui a d’ailleurs valu son nom de genre Macroglossum, littéralement «grande langue». Côté ponte, la femelle Moro-sphinx se donne beaucoup de mal pour sa progéniture. Elle pond environ 200 œufs et, toujours en vol, les dépose un à un sur les bourgeons et les fleurs de ses plantes hôtes, les Gaillets et les Stellaires.

Baldersheim, le 14 juin 2022