Depuis les premières heures de la journée, le brouillard n’avait cessé sa partie de cache-cache avec le soleil. On aurait pensé que l’astre du jour l’emporterait rapidement, mais son concurrent se battait pied à pied pour ne pas céder de terrain. Lorsqu’un coin de ciel s’éclaircissait en direction de la forêt, il se refermait aussitôt à l’autre bout du village. Un vrai temps à effacer tous les repères et dérouter un conducteur dans sa voiture. Même les oiseaux avaient du mal à tracer leur route. En début d’après-midi, sur la plaine agricole où tout signe de vie devenait difficile à repérer, un nuage mouvant d’oiseaux tourbillonnait dans tous les sens. Tantôt ils mettaient cap à l’ouest, puis faisaient volte-face pour repartir finalement en direction du sud. Malgré la distance, l’agitation était perceptible, peut-être causée par la dépense d’énergie imprévue. C’est l’agrandissement de la photo qui a permis de mettre un nom sur ces naufragés du ciel : des alouettes des champs.
Baldersheim, le 20 janvier 2025
