Avant tout autre commentaire, prenons le temps d’admirer ce magnifique limicole qui préfère les habitats secs aux paysages aquatiques. L’oedicnème criard a des yeux à l’iris jaune citron parfaitement adaptés à la vision nocturne. Il a de longues pattes, aux articulations proéminentes – ce que décrit précisément le nom scientifique Oedicnemus – qui le mettent en hauteur pour surveiller les alentours. Le plumage brun clair avec des stries noires sur le dos lui permet de se dissimuler facilement durant la journée dans les herbes sèches, au milieu des cailloux. C’est la nuit qu’il s’active, recherchant des vers de terre, des sauterelles, des chenilles, des coléoptères ou des escargots. Il fait également entendre son cri, un sifflement bruyant qui ressemble à celui du courlis cendré. La région agricole de la Hardt constitue le bastion historique de cette espèce. Il n’est donc pas étonnant de le trouver dans la cuvette de l’ancienne carrière de Réguisheim. Le projet de parc photovoltaïque a dû être revu à la baisse pour protéger l’oedicnème criard , par ailleurs très sensible à l’agriculture intensive et à l’irrigation qui contribuent à la destruction des pontes et des nichées.
Le Parc de Sainte-Croix, le 22 mai 2024
