Personne ne peut rester insensible devant un orchis pyramidal, véritable chef d’oeuvre de la nature. Observons d’abord l’implantation des fleurs le long de la tige principale. Elles sont disposées en spirales ascendantes, de sorte que chacune a le même espace que ses voisines sans qu’il y ait de place perdue. Les scientifiques reconnaissent dans cette organisation une application de la suite de Fibonacci, mathématicien italien de la fin du 12ème siècle. On remarque par ailleurs que la floraison commence par le bas et ne gagnera les étages supérieurs que quelques jours plus tard. Ainsi elle voit augmenter ses chances d’être pollinisée. Le papillon dispose d’une formidable piste d’atterrissage, le labelle, avec deux lamelles saillantes qui servent de guide à l’insecte. Il déploie sa trompe qui vient au contact des pollinies. L’orchidée en profite pour lui déposer une pellicule de glu qui fixera le pollen jusqu’à la destination suivante, le stigmate d’une autre plante qui sera fécondée. Charles Darwin était subjugué par ce mécanisme de précision, qui est le fruit de l’évolution.
Le Pont-du-bouc, le 29 mai 2023
