Voilà une photographie insolite. Le plus souvent, on regarde les insectes de haut. Profitons de cette mouche aux belles ailes qui vient de se poser de l’autre côté de la vitre pour inspecter ses dessous. Sans pudeur, elle expose toute la complexité de son anatomie. Pour ne pas perdre la boussole, on s’attarde d’abord sur la tête avec des yeux orange disposés sur le coté, un peu saillants sur les joues gris argenté. Les antennes sont plutôt courtes. Ce point de vue original permet de distinguer la trompe rétractile qui sort de sa bouche. Quelques poils noirs, en réalité des récepteurs sensoriels, ornent son thorax, bombé sous le dessous pour protéger les faisceaux de fibres musculaires dévolus à sa mobilité. Puis arrivent les différents segments qui composent l’abdomen et lui garantissent souplesse et résistance. Tout à l’extrémité, enfin on trouve les organes d’accouplement. Comme tous les diptères, cette mouche n’a qu’une paire d’ailes apparentes, la seconde s’étant transformée en balanciers stabilisateurs de vol. Les motifs caractéristiques avec des bordures sombres qui encadrent une fenêtre transparente en zig-zag permettent d’identifier une Otites lamed.
Baldersheim, le 1 mai 2024
