Avec deux mètres d’envergure, c’est le plus grand oiseau volant de nos contrées. Mais quand il a trouvé un espace qui lui convient, le cygne tuberculé s’installe dans la durée. Face à d’autres prétendants, il n’hésite d’ailleurs pas à utiliser l’intimidation et la force pour s’imposer comme maître des lieux. Les ailes dressées en toit au-dessus du corps et le cou replié, il avance vers l’intrus, prêt à l’abordage. C’est la protubérance noire située à la naissance du bec qui lui vaut l’appellation « tuberculé ». Cette excroissance charnue qui tranche avec le rouge du bec n’est pas l’apanage du mâle, mais c’est chez lui que les variations sont les plus impressionnantes. La longueur du tubercule connaît un pic au moment de l’éclosion des jeunes, quand les mâles entrent en jeu dans les comportements agressifs, et retrouve des proportions réduites au début de l’été, au moment de la mue. Contrairement à son cousin chanteur, le cygne tuberculé est avare de manifestations vocales, si bien que les Anglais l’appellent « cygne muet »… Les Italiens ne retiennent que son apparence; pour eux, c’est le « cygne royal ».
Marais du Rothmoos, le 5 janvier 2023
