La nuit ne saurait tarder, et la petite aigrette le sait bien. Elle parcourt une dernière fois la plage à la recherche de quelque poisson échoué. Tournant le dos au soleil couchant, elle hérisse les plumes de ses ailes pour les débarrasser des fines éclaboussures projetées par les vagues. Peu à peu l’océan se pare de couleurs plus froides, en harmonie avec la pénombre qui s’installe progressivement… Au 14e siècle on l’appelait encore « égreste ». Ce n’est qu’après le mariage de Louis XIII avec la fille du roi d’Espagne, que lui est venu le nom de garzette. Ce terme désignait une coiffure à la mode avec des cheveux tressés sur les tempes. Aucun lien donc avec le sobriquet donné aux jeunes filles de basse condition. Comme une reine, l’aigrette se déplace avec grâce et distinction.
Le Phare de la Baleine, le 28 septembre 2024
