Petit gravelot

Nos paysages changent, et avec eux, les vivants qui les habitent. On regrette bien des disparitions liées aux bouleversements climatiques, mais en même temps on constate l’arrivée de nouvelles espèces. A la faveur du printemps extrême arrosé qui a transformé de vastes étendues de champs en terrains bourbeux ou inondés, il nous est donné d’admirer des petits gravelots qui vivent une grande partie de l’année de manière grégaire, dans des zones marécageuses ou au bord vaseux des lacs. Au retour de leur première migration prénuptiale, ils profitent de l’aubaine pour s’installer en couple dans un lieu jugé calme et sûr. En cas de danger, le nid peut rester un moment à découvert, bien protégé par le mimétisme des œufs. Dès que les poussins sont nés, ils s’aventurent hors du nid. Au besoin, les parents recourent au simulacre de l’aile cassée pour éloigner les intrus de la nichée. Si jamais il doit fuir un danger, il le fait à toute vitesse, au sol, « tête engoncée et corps horizontal ».

Réguisheim, le 6 juin 2024