Phalène du hêtre

Il y a un mois, les arbres commençaient à se couvrir de feuilles. En l’espace de quelques jours, leur silhouette a changé, laissant passer moins de lumière et empêchant de voir au travers. En dépit de leur chant exubérant, les oiseaux sont plus difficiles à observer. Mais en longeant le chemin de halage, le long du canal qui traverse la Hardt, on ne peut manquer d’observer un curieux phénomène : les feuilles vert tendre des charmes sont grignotées méthodiquement et seules quelques dentelles subsistent au bout des branches. C’est l’oeuvre de la chenille arpenteuse d’un papillon de nuit, une phalène aussi appelée cheimatobie du hêtre. Éclose au moment du débourrage des arbres, la chenille se développe rapidement et regagne le sol au mois de juin pour s’y enfouir et nymphoser. La métamorphose se déroule l’année suivante. Les imagos ne s’alimentent plus et vivent très peu de temps, ce qui a des incidences sur leur physique : le vol est l’apanage des mâles ; les femelles, avec des moignons d’ailes, sont quasiment clouées au sol.

La Hardt, le 24 avril 2024