Pic épeiche

Outre le tambourinage qui signale sa présence et sa façon singulière de grimper aux arbres, ce sont les couleurs blanc, noir et rouge qui nous permettent d’identifier le pic épeiche. Lorsqu’il se laisse observer, c’est rarement de face. Nous lui connaissons le plus souvent des portraits de profil, quand il est en train d’attaquer un tronc ou une branche à coups de bec. Alors, lorsqu’à la faveur d’un moment de pause, il nous expose son poitrail, on est réellement surpris par les couleurs qu’il arbore. Le ventre blanc auquel nous sommes habitués a pris une couleur pelure d’oignons mélangée à de la terre de Sienne. Une touffe de poils noisette surmonte le bec anthracite ; le masque blanc qui lui recouvre les yeux tranche avec le noir de la calotte et des moustaches qui débordent négligemment sur le haut de la poitrine. S’agit-il ici de la livrée d’automne endossée par la femelle? Est-ce un effet d’optique lié à la faible luminosité du moment ou une conséquence du travail de mineur effectué par temps de pluie? On lui trouvera en tout cas un air songeur, empreint de tristesse… ce qui est bien naturel à la fin d’une longue journée de pluie.

Baldersheim, le 8 octobre 2024