Pigeon ramier

Les artisans qui édifiaient les maisons du moyen-âge étaient sans doute de fins observateurs de la nature. Les bardeaux en bois de sapin ne sont-ils pas disposés sur les façades comme les plumes qui recouvrent le cou et le poitrail du pigeon ramier ? Pour protéger le bâtiment des intempéries, les ouvriers posaient d’abord les pièces du bas, chacune étant ensuite partiellement recouverte, en quinconce, par un autre élément de même format ; les rangées se succédaient ainsi jusqu’à atteindre la sous-pente du toit. Chez le pigeon, l’opération se renouvelle chaque année, au moment de la mue d’automne. La plume est constituée d’une tige souple et creuse à la base, percée d’un canal d’alimentation qui n’est utile que pendant la croissance de la plume. Le pigeon lisse quotidiennement  ses plumes pour bien relier les barbules. En même temps, il les protège de la pluie en les enduisant d’un liquide graisseux produit par les glandes uropygiennes situées sur le croupion, à la base de la queue. L’entretien de la voilure conditionne la santé du volatile et ne saurait souffrir de pause.

Baldersheim, le 20 décembre 2023