Dès l’apparition des premières fleurs qui sont pourtant minuscules, le massif de menthe est courtisé du matin jusqu’au soir par toutes sortes d’insectes. Certains viennent consommer un nectar au parfum singulier, alors que d’autres, comme l’araignée crabe, sont à l’affût pour fondre sur les visiteurs. Voilà une curieuse guêpe, toute noire, qui prélève avec application son carburant sucré avant de rejoindre d’un vol rapide une autre tige tout aussi généreuse. C’est un pompile charbonneux, facilement reconnaissable au rétrécissement entre le thorax recouvert d’une pilosité blanche et l’abdomen lisse et brillant. La femelle est légèrement plus grande que le mâle mais ne dépasse pas 10 mm de longueur. Quand elle ne butine pas, elle chasse des araignées qu’elle paralyse au moyen de son dard, avant de les transporter dans des petites urnes construites en terre pour les protéger de la pourriture. Elle pond un oeuf dans l’araignée toujours vivante et scelle l’urne. La larve qui sort de l’oeuf va commencer à consommer la proie avant de tisser un cocon . Au printemps suivant, une guêpe adulte sort de la chrysalide. Certains pompiles se comportent comme des coucous, faisant effraction pour pondre un oeuf dans une araignée déjà « parée » par un congénère.
Baldersheim, le 6 août 2022
