Le pouillot siffleur a dû arriver très récemment en provenance des lointaines savanes humides et des forêts équatoriales de Guinée ou de la région des Grands Lacs. Il a choisi de s’installer en bordure du Rothmoos qui lui rappelle peut-être son environnement passé. Le secteur est planté de grands hêtres, pauvres en sous-bois, qui lui permettent de chasser sous les frondaisons. Au menu, toutes sortes d’insectes : diptères, coléoptères, pucerons, petits papillons, fourmis… Quand il se pose, on peut admirer un oiseau assez élancé en raison des longues ailes qui donnent l’impression d’une queue plus courte. Les couleurs sont plus vives que celles de ses cousins : gorge et poitrine jaune citron contrastent avec le ventre blanc pur. La calotte et le dos sont verts jaunâtres et il porte un long sourcil jaune vif. Le mot pouillot est attesté au 12è siècle. Issu d’un mot latin, il désigne d’abord un jeune coq avant d’être utilisé pour nommer les petits oiseaux. Plus important est l’adjectif qui le qualifie. Le chant du pouillot siffleur, formé de trilles métalliques a été comparé à une pièce de monnaie qui tourne sur une dalle de marbre. Inutile de la chercher au sol : on ne la retrouve jamais.
Le Rothmoos, le 1 mai 2024
