Il vient sans doute de franchir la ligne d’arrivée après un long périple migratoire depuis les contrées méditerranéennes où il avait établi ses quartiers d’hiver. L’instinct de survie le pousse à trouver de toute urgence de la nourriture et c’est sur un saule, son arbre de prédilection, qu’il a choisi d’entreprendre sa quête. En allemand, on le nomme Weidenlaubsänger, ce qui signifie « le chanteur des saules ». L’arbre a encore les pieds dans l’eau ; il commence à peine à former ses premières feuilles mais à la faveur des températures douces, il est déjà pris d’assaut par les pucerons. Quelle bonne aubaine pour le pouillot qui s’en donne à coeur joie. Il saute de branche en branche, se baisse, s’étire, se contorsionne jusqu’aux limites de l’équilibre pour prélever du bout de son bec les précieuses calories vert tendre. Cette extrême mobilité nous fait réaliser combien l’adjectif véloce lui convient bien. Quelle belle ouverture pour le nouveau festival printanier !
Michelbach, le 14 mars 2024
