La quête d’un oiseau, le tichodrome échelette, peut conduire à la découverte d’une autre pépite, un chef d’oeuvre de l’art roman rhénan. C’est l’Abbaye de Murbach, ou du moins ce qu’il en reste puisque les trois nefs ont été démolies au début du XIXe siècle. On a du mal à imaginer aujourd’hui ce qu’était la puissance temporelle de cette institution au Moyen-Age. Quelques détails pourront nous mettre sur la voie. C’est le souverain Charlemagne en personne qui a administré cette abbaye quelques années avant son sacre. Au XIIIe siècle, elle possédait des biens dans 350 localités de France ou de Suisse, et même le territoire de la ville de Lucerne. Trois siècles plus tard, Charles Quint lui confère le droit de battre monnaie. Mais toute puissance est précaire : au milieu du XVIIIe siècle il ne restait qu’une dizaine de moines qui ont rejoint le couvent de Guebwiller. Ce monument historique a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration, mais l’Eglise Saint-Léger reste fragile. Les couvertures en bardeaux de certains pans de toit sont vétustes et envahies par la végétation et le ruissellement des eaux pluviales augmente l’humidité au sein des maçonneries.
Murbach, le 31 janvier 2025
