Comme chez les humains, les noms des oiseaux peuvent être porteurs de noblesse ou verser dans la banalité. La buse variable pourrait se plaindre de figurer parmi les plus maltraités. Depuis le Moyen-Age, on la considère comme idiote parce qu’elle est réfractaire au dressage : « d’une buse on ne saurait faire un épervier ». Et quand elle est posée sur un poteau, immobile, on serait même tenté de la qualifier de « triple buse ». On s’arrêtera là avec les compliments. L’adjectif variable ne désigne nullement une inconstance de caractère mais fait référence aux différentes couleurs qu’elle peut arborer et qui vont du très foncé au presque blanc. Les seuls points communs sont une tache sombre au poignet et une zone blanche à la base de la main. Le début de l’hiver est une période difficile pour la buse, car la nourriture vient à manquer. A défaut de rongeurs qu’elle capture en vol, elle se rabat alors sur des charognes qu’elle trouve au hasard de sa quête. On l’aperçoit également se déplaçant sur les champs ou les prés à la recherche de quelques vers de terre. On imagine d’ailleurs qu’il en faut une certaine quantité pour nourrir un oiseau qui mesure une cinquantaine de centimètres et dont l’envergure atteint 1,20m.
Baldersheim, le 6 décembre 2024
