Au pays des plantes mal aimées, l’ortie est reine. Chacun a fait la désagréable expérience d’un contact avec une de ses feuilles : irritation de la peau, rougeur, démangeaisons, picotements ou cloques… autant de symptômes qui ne donnent pas envie de recommencer. A la loupe, on voit très bien cette impressionnante batterie de piques menaçantes. Chaque poil creux, transparent et aussi fragile que du verre, possède à sa base un renflement contenant un liquide toxique sous pression. Au moindre frottement, la pointe du dard se fiche dans l’épiderme et injecte une dose douloureuse. Le cocktail chimique contient une série d’ingrédients parmi lesquels l’histamine, la sérotonine, l’acétylcholine et le formiate de sodium. C’est l’histamine qui, en provoquant rougeurs et démangeaisons, fait penser à une brûlure… La vengeance est à portée de la faux. D’un geste rageur, la plante malfaisante est rasée, déchiquetée. Mais l’énergie qui l’anime donne naissance à de nouveaux rejets ; les tiges qu’on croyait mortes produisent de grandes gerbes de feuilles qui serviront de refuge à des insectes expropriés.
Baldersheim, le 25 août 2024
